Guides · Bulletin de paie

Du brut au net à payer : le calcul du bulletin étape par étape

Les étapes du passage du brut au net à payer dans l’ordre fixé par l’arrêté du 25 février 2016, un exemple avec des taux fictifs clairement identifiés, les contrôles de cohérence et les erreurs fréquentes.

Publié le · Mis à jour le · Par Muscalis Lab, éditeur de Remuflow : l’auteur a un intérêt commercial, à garder en tête à la lecture.

Sources officielles consultées le . Revue contradictoire automatisée ; ce guide n’a pas été validé par un gestionnaire de paie et ne constitue pas un conseil juridique.

La réponse courte

On part du montant brut, on retire les cotisations et contributions salariales pour obtenir le montant net social, on ajuste des remboursements et déductions diverses, puis on retire l’impôt prélevé à la source pour obtenir le net à payer.

  • Ordre officiel : l’arrêté du 25 février 2016 fixe les libellés et l’ordre des lignes, en application de l’article R. 3243-2 du Code du travail.
  • Net social : notion distincte du net imposable et du net à payer, que le bulletin doit faire apparaître. Sa définition précise et ses règles (garanties collectives, avantages) sont à lire dans les textes et sur le BOSS ; ce guide ne la reproduit pas.
  • Net à payer : c’est la « somme effectivement reçue par le salarié » (article R. 3243-1, 10°).

Ce guide donne la méthode. Il ne publie aucun taux de cotisation : les taux changent et dépendent de l’entreprise, de la convention et du salarié. Les chiffres de l’exemple sont fictifs et signalés comme tels.

L’ordre des lignes du bulletin

L’arrêté du 25 février 2016 impose les libellés et leur ordre. Le calcul suit cet ordre.

Ordre indicatif des principaux libellés, d’après l’arrêté du 25 février 2016. Résumé non exhaustif : le modèle officiel (distinct pour les cadres et les non-cadres) fait foi.
RangLibelléNature de la ligne
1Montant brutPoint de départ
2Cotisations et contributions sociales obligatoiresPar risque : santé, retraite, famille, assurance chômage, Apec, autres charges dues par l’employeur, cotisations statutaires ou conventionnelles
3CSG déductible de l’impôt sur le revenuContribution salariale
4CSG/CRDS non déductible de l’impôt sur le revenuContribution salariale
5CSG/CRDS sur les revenus non imposablesContribution salariale
6Total des cotisations et contributions obligatoiresTotal
7Exonérations et allègements de cotisationsInformation employeur
8Cotisations et contributions sociales facultativesLe cas échéant
9Montant net socialRésultat intermédiaire
10Remboursements et déductions diversesAjustements
11Montant net à payer avant impôt sur le revenuRésultat intermédiaire
12Impôt sur le revenu prélevé à la sourceRetenue
13Montant net à payerRésultat final
14Total versé par l’employeurInformation employeur

Les mentions elles-mêmes (identité de l’employeur, période, heures, date de paiement, etc.) sont traitées dans le guide sur les mentions obligatoires du bulletin : elles ne sont pas reprises ici. Le tableau ci-dessus est un résumé de l’ordre ; le modèle complet et ses regroupements sont dans l’arrêté.

Les étapes du calcul

Six étapes, dans cet ordre. Chaque étape doit pouvoir se rejouer à partir des précédentes.

  1. Établir le brut. Salaire de base, heures majorées, primes et avantages en nature soumis, selon le contrat, la convention collective et la période. Le bulletin doit distinguer les heures au taux normal et les heures majorées (article R. 3243-1, 5°).
  2. Déterminer les assiettes. L’assiette des cotisations de sécurité sociale repose sur les revenus d’activité (article L. 242-1), avec des exclusions listées par le texte. Certaines cotisations sont plafonnées : voir le guide sur le plafond et la proratisation.
  3. Appliquer les taux salariaux. Montant = assiette × taux, ligne par ligne, avec assiette, taux et montant affichés pour les cotisations à la charge du salarié (article R. 3243-1, 8°). Les taux se lisent dans les sources officielles de l’année et dans la convention collective ; ne les recopiez pas d’un bulletin ancien.
  4. Calculer les contributions CSG/CRDS. Elles figurent sur trois lignes distinctes (déductible, non déductible, sur revenus non imposables). Les deux contributions CSG et CRDS sont agrégées sur le bulletin (article R. 3243-2).
  5. En déduire le net social. Net social = montant brut des sommes dues en contrepartie ou à l’occasion d’un travail (avantages inclus, hors financement par l’employeur des garanties collectives de l’article L. 911-1) − cotisations et contributions sociales à la charge du salarié instituées ou rendues obligatoires par la loi ou le règlement − financement par le salarié de ces garanties collectives (article R. 844-1, II, auquel renvoie R. 3243-1, 9° bis). La mention est obligatoire (article R. 3243-1, 9° bis).
  6. Passer au net à payer. Net à payer avant impôt = net social ± remboursements et déductions diverses ; net à payer = net à payer avant impôt − impôt sur le revenu prélevé à la source. L’impôt est calculé sur une assiette, au taux transmis par l’administration fiscale, ce que le bulletin affiche avec la somme qui aurait été versée sans retenue (article R. 3243-1, 9°).

Net imposable. C’est la base de l’impôt sur le revenu ; elle diffère du net social, notamment parce que la CSG non déductible et la CRDS ne sont pas déductibles du revenu imposable. Ce guide ne donne pas de formule du net imposable : sa construction (avantages, cotisations de prévoyance, exonérations) est celle de la DSN et du BOSS, à lire dans la rubrique correspondante avant tout calcul.

Exemple avec des taux fictifs

Tous les taux de cet exemple sont inventés pour illustrer l’enchaînement. Ils ne correspondent à aucun taux officiel et ne doivent jamais être repris dans une paie réelle.

Hypothèses fictives : salarié à temps plein, brut de 2 000 €, toutes les assiettes égales au brut, cotisation fictive A à 10,00 %, cotisation fictive B à 3,00 %, contributions fictives de type CSG/CRDS à 9,00 % au total, remboursement de frais de 30 €, taux fictif de prélèvement à la source de 5,00 % sur une assiette de 1 560 €.

Exemple fictif : aucun taux n’est un taux officiel.
LigneCalculMontant
Montant brutDonnée2 000,00 €
Cotisation fictive A2 000 × 10,00 %200,00 €
Cotisation fictive B2 000 × 3,00 %60,00 €
Contributions fictives de type CSG/CRDS2 000 × 9,00 %180,00 €
Total des cotisations et contributions200 + 60 + 180440,00 €
Montant net social2 000 − 4401 560,00 €
Remboursement de fraisDonnée30,00 €
Net à payer avant impôt sur le revenu1 560 + 301 590,00 €
Prélèvement à la source fictif1 560 × 5,00 %78,00 €
Montant net à payer1 590 − 781 512,00 €

Vérification par un second chemin : 2 000 × (1 − 0,22) = 1 560 ; 1 560 + 30 − 78 = 1 512. Le remboursement de frais n’entre ni dans le net social ni dans l’assiette fictive du prélèvement dans cet exemple : la règle réelle dépend de la nature du remboursement.

Contrôles de cohérence

Un bulletin se contrôle avec des égalités simples, sans connaître les taux par cœur.

  • Net social = brut − cotisations et contributions à la charge du salarié instituées ou rendues obligatoires par la loi ou le règlement − financement salarié des garanties collectives (R. 844-1, II).
  • Net à payer avant impôt = net social ± remboursements et déductions diverses.
  • Net à payer = net à payer avant impôt − impôt prélevé à la source.
  • Pour chaque ligne : montant = assiette × taux, à l’arrondi près, avec assiette et taux affichés pour les cotisations salariales.
  • Total versé par l’employeur = brut + cotisations patronales − exonérations et exemptions (article R. 3243-1, 14°).
  • La somme virée en banque est égale au net à payer.
  • Le net social du mois est cohérent avec celui du mois précédent, à situation égale.

Erreurs fréquentes et corrections

Erreurs courantes dans le passage du brut au net.
ErreurCorrection
Confondre net social, net imposable et net à payerTrois montants distincts, avec trois usages : justificatifs de ressources, base fiscale, somme versée.
Appliquer le prélèvement à la source sur le net à payer ou sur le brutUtiliser l’assiette de la retenue à la source définie par le texte fiscal, au taux transmis par l’administration.
Mélanger remboursement de frais et rémunérationPlacer le remboursement sur la ligne dédiée, hors cotisations quand les conditions du texte sont réunies.
Reprendre les taux d’un ancien bulletinRelire les taux de l’année dans les sources officielles et la convention collective.
Ne pas afficher assiette et taux des cotisations salarialesLes faire figurer pour chaque ligne (R. 3243-1, 8°).
Oublier la ligne des exonérations et allègementsAfficher le total des exonérations et exemptions (R. 3243-1, 13°).

Et avec Remuflow Paie ?

Aujourd’hui, Remuflow Paie permet de tenir le dossier de l’entreprise, de retrouver les salariés par une recherche, de suivre la campagne de paie du mois et d’ouvrir le détail d’un bulletin. Le calcul complet du brut au net, avec les taux de l’année, relève des fonctions prévues ou en cours de construction.

Les égalités de la section précédente permettent de contrôler un bulletin dans n’importe quel outil. Pour échanger sur votre situation, contactez-nous.

Sources

Ce guide est une aide à la décision. Pour une situation précise, rapprochez-vous de votre expert-comptable, de l’Urssaf ou de votre organisation professionnelle.

Votre situation est particulière ?

Écrivez à l’éditeur avec votre effectif, votre convention collective et vos situations de paie : nous vérifions avec vous si Remuflow correspond à votre cas.